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Intreview de Michel Benita (Citizen Jazz mai 2005)

L’avis de Michel Benita à propos de la Volante basse :
nous avons demandé au musicien de nous donner son avis sur la Volante Bass. Michel Benita s’est prêté au jeu :
Née pour le voyage... et les oreilles
Il se trouve que Patrick Avigdor, le créateur de la Volante Bass, m’a contacté pour que je vienne l’essayer et que je lui fasse part de mes remarques. Depuis quelques mois, elle a surtout pris l’avion : Israel, Istanbul, Dubai, Prague, Budapest, l’Allemagne etc. principalement avec le Ladyland Quartet d’Erik Truffaz.
On voyage énormément, et je souffle enfin un peu de ne plus avoir à me trimballer le flight-case et à m’angoisser pour l’éventuelle casse... Enfin, même si rien n’est jamais assez léger quand on voyage, avec ses 20 kg flight-case compris, et son faible encombrement, c’est un changement "drastique".
J’ai joué la Volante Bass dans des salles de concert, en club, en plein air… Elle se comporte très bien à chaque fois. Elle est montée en 5 minutes montre en main et on se retrouve pratiquement à chaque fois à 440 ! Ce n’est pas une blague : je n’ai que des ajustements infimes à faire.
Point de vue solidité, les quelques petits problèmes de jeunesse sont déjà résolus dans la version définitive. Le prototype que j’utilise est pratiquement parfait.
Ce qui est intéressant, c’est la forme de l’instrument qui, avec sa table dépliable, reprend la forme traditionnelle.
On aurait pu craindre le côté "creux" et l’absence d’appuis, mais Patrick y a pensé en incluant un bout d’éclisse contre le ventre, qui permet de ne pas perdre la sensation de l’instrument et de se retrouver exactement dans les mêmes appuis qu’avec une contrebasse "normale". C’est important parce que c’est la première fois que je peux m’exprimer sans avoir l’impression d’utiliser une prothèse, avec un instrument de ce type. En pizzicato, il y a très peu de différence entre la sonorité de la Volante Bass et une celle d’une contrebasse "normale". La Volante Bass sonne déjà, même sans amplification grâce à sa table, faiblement au niveau puissance, bien sûr, mais elle a déjà une qualité de son qui se retrouve logiquement une fois amplifiée. Avec le pickup "The Realist" et un réglage d’ampli qui creuse les mediums, on obtient un son très proche de l’acoustique. C’est plus difficile à l’archet, je dois l’avouer, où on perd de la puissance et du grain. Mais j’attends avec impatience l’instrument définitif qui abandonne l’aluminium pour le bois, pour le corps central de l’instrument. Ceci devrait grandement améliorer les choses.
Je préfère ne pas parler des autres types de contrebasses légères du style upright... j’ai déjà utilisé le mot de "prothèse"... Je joue également de la basse, mais la Volante Bass est une contrebasse, pleinement une contrebasse et rien d’autre. Cependant on peut jouer beaucoup plus fort et donc se rapprocher d’une "fonction" de basse électrique. Comme je le disais plus haut, le choix du Realist de David Gage me satisfait pleinement et je demande toujours un ampli Gallien Krueger. C’est ma combinaison gagnante. J’en profite aussi pour souligner que je gagne beaucoup en clarté (et sans feedback !) dès que je dois jouer plus fort, ce qui m’arrive souvent avec le Ladyland où la musique l’exige.
Je l’emporte du 1er au 15 juillet, elle va découvrir entre autres Montreal et la Slovénie en passant par Naples...

Article Citizen Jazz (mars 2005)

Un entretien avec Patrick Avigdor ( mars 2005)qui a mis au point une contrebasse pliable. La Volante Bass devrait rendre la vie des bassistes plus facile quand ils sont en tournée.

CitizenJazz : Comment vous est venue l’idée d’une contrebasse pliable ?
Patrick Avigdor : il y a deux ans, devant nous rendre au festival de jazz de Tanger, nous avons constaté que le coût de transport aérien d’une contrebasse était plus élevé que celui d’un passager. J’ai eu l’idée de construire une contrebasse démontable à partir d’un instrument d’étude que mon ami Yves Piriou, contrebassiste de l’orchestre a eu la gentillesse de me donner. Après deux mois de travail, nous sommes partis avec un prototype et, devant l’intérêt suscité là-bas et dans d’autres manifestations, j’ai entrepris d’améliorer le système et ai déposé un brevet en décembre 2003.

CJ : Pourriez-vous décrire le « mécanisme » de pliage de la Volante Bass ?
PA : le brevet n’étant pas encore publié, je ne peux vous donner trop de détails. Mais je peux vous dire que j’étais parti avec l’idée que plus je conserverais d’éléments d’une vraie contrebasse, plus j’aurais de chances d’obtenir un résultat préservant les propriétés de l’instrument traditionnel.
J’ai donc utilisé une table d’harmonie suspendue sur des raidisseurs. Ce principe permet de transmettre les vibrations naturelles du bois. Le pliage de la table, très simple, aboutit à un volume restreint.
Le manche démontable : à l’origine, le système était un peu compliqué. J’ai retravaillé la forme du talon du manche de façon à simplifier les opérations. D’autre part, un système très simple permet de régler la hauteur des cordes pour s’adapter au jeu de chacun.
Aujourd’hui, il faut à peine trois minutes pour assembler et accorder l’instrument.

CJ : Quels sont les matériaux utilisés pour sa construction ?
PA : ce sont les composants traditionnels servant à la construction d’une contrebasse : table d’harmonie, éclisse, manche, touche, chevalet, cordier, etc…je voulais qu’esthétiquement et acoustiquement, elle reste très proche de l’instrument traditionnel. Je n’ai eu que de bonnes réactions sur ce plan.

CJ : D’après la photo, vous avez déjà construit un prototype de la Volante Bass, a-t-elle déjà été essayée par un bassiste ?
PA : une vingtaine de contrebassistes sont venus l’essayer, dont certains sont des professionnels très connus. Je suis très heureux de dire qu’ils ont tous reconnu que c’était le meilleur instrument de ce type qu’ils ont essayé, tant du point de vue ergonomique que de la restitution du son d’une contrebasse. D’ailleurs, Michel Bénita l’a immédiatement appréciée et l’utilise début avril pour une série de concerts en Europe et au Moyen-Orient. J’attends avec impatience ses commentaires.

CJ : Dans quelle(s) condition(s) a-t-elle été testée : en studio, en club… ?
PA : elle a été testée dans mon magasin et chez un revendeur spécialisé, à Paris, sur plusieurs amplificateurs de moyenne et haute gamme et lors d’une série de concerts à l’étranger par un groupe français, sur une sono de scène. Notre contrebassiste l’utilise régulièrement lors de nos concerts.

CJ : Quelles sont les caractéristiques de la Volante Bass par rapport à une contrebasse traditionnelle en termes de taille et de poids ?
PA : son poids est de 9 kilos et, démontée et pliée, son encombrement est de 115 cm X 25 X 25. Avec sa housse le poids est de 11 kilos et avec le flightcase de 21 Kg. On peut donc la transporter très aisément en avion, en train, en voiture et même à pied.

CJ : Sur le plan de la solidité, le fait qu’il n’y a pas de corps, rend-il l’instrument plus fragile ?
PA : il faut prendre quelques précautions élémentaires lors de son montage/démontage, mais les contrebassistes ont l’habitude de manipuler leur instrument.
Une fois rangée dans sa housse ou son étui, le transport est plus sûr du fait de son encombrement très réduit.

CJ : Quel sera le bassiste-type qui jouera de la Volante Bass : classique, jazz... ?
PA : il faut savoir que le son est aussi bon en pizzicati qu’avec un archet. Donc, elle peut être utilisée par tous les contrebassistes. Cependant, les « classiques » seront peut-être mal vus par leur chef d’orchestre.

CJ : Comment palliez-vous l’absence de caisse de résonance ?
PA : sans amplification, le son est faible mais suffisant pour travailler chez soi sans déranger le voisinage. L’amplification des vibrations est réalisée via un capteur livré d’origine que nous avons choisi pour ses qualités de restitution naturelle du son. L’instrumentiste pourra, par la suite, adapter un autre modèle en fonction de son goût et/ou du style de musique qu’il joue.

CJ : Quelles sont les principales différences entre la sonorité d’une contrebasse traditionnelle et celle de la Volante Bass ?
PA : selon les contrebassistes qui l’ont essayée, il n’y a pas de différence notable comparée à un bon instrument traditionnel.

CJ : Le son de la Volante Bass se rapproche-t-il davantage de celui d’une basse électrique fretless que d’une contrebasse traditionnelle ?
PA : le principe de sa construction permet d’obtenir un son traditionnel qui n’a rien à voir avec celui que l’on entend, généralement, avec les autres modèles commercialisés. Eric Vincenot, qui a été un des premiers contrebassistes à l’essayer a, je pense, trouvé l’expression qui la définit bien : « elle a le son du bois ».

CJ : D’après la photo, la Volante Bass a des proportions semblables à celle d’une contrebasse, mais quelles sont les différences pour l’instrumentiste d’un point de vue technique par rapport à une contrebasse ?
PA : tous les instrumentistes qui l’ont essayée m’ont indiqué qu’ils étaient satisfaits de retrouver d’emblée leurs appuis et qu’ils n’étaient, en aucune façon, obligés d’adapter leur jeu à l’instrument.

CJ : Un certain nombre d’autres luthiers se sont lancés dans la fabrication de contrebasses légères. Quelles sont, selon vous, les principales différences entre la Volante Bass et ses cousines ?
PA : à ma connaissance, parmi celles que j’ai eu l’occasion de voir et d’entendre, aucune, n’utilise une table d’harmonie traditionnelle, donc leur son n’est pas transmis de la même manière que sur une contrebasse classique ou sur la Volante Bass. Cela reviendrait à comparer le son d’une guitare électrique à celui d’une guitare électroacoustique qui utilise les vibrations transmises par la table d’harmonie.
D’autre part, le manche démontable est une caractéristique rarissime.

CJ : Pour votre part, vous avez confié la réalisation de la Volante Bass à Maurice Dupont. Pourquoi le choix d’un luthier surtout connu pour ses guitares ?
PA : pour trois raisons :
• il est très réputé pour la qualité de ses fabrications (guitares, violoncelles, violes de gambe),
• il a été très intéressé par le projet et a mené à bien le développement de la production,
• ses moyens de fabrication sont modernes et adaptés à la petite série.

CJ : La Volante Bass sera-t-elle construite uniquement sur commande ou prévoyez-vous « un stock de sécurité » ?
PA : avec Maurice Dupont, nous avons prévu de construire des petites séries permettant de répondre rapidement à la demande. Si, comme nous l’espérons, la Volante Bass rencontre un bon succès, ses ateliers et moyens de production sont suffisamment réactifs pour augmenter leur capacité.
CJ : Comment prévoyez-vous de la distribuer ?
PA : dans un premier temps, nous la présentons aux magasins spécialisés pour constituer un réseau de vente. D’ores et déjà, on peut l’essayer et la commander dans mon magasin à Paris.
Nous avons déjà enregistré quelques commandes.

CJ : Le mot de la fin ?
PA : en tant que musicien, je suis heureux d’avoir donné naissance à la «Volante Bass» qui résout les problèmes liés à l’encombrement, tout en conservant le son de la contrebasse traditionnelle et de constater que les «à priori» disparaissent dès qu’on l’a essayée.

L’atout de l’instrument est de restituer le son naturel de la contrebasse traditionnelle, dans un encombrement réduit, permettant un transport aisé...

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